Perché à 3 800 m d’altitude entre le Pérou et la Bolivie, le lac Titicaca est le plus grand lac d’eau douce et le plus élevé d’Amérique du Sud et aussi le lac navigable le plus élevé au monde.

Il offre des paysages très différents de ce qu’on a vu avant, mais autant oublier tout de suite l’idée d’en faire le tour, vu que sa superficie représente 14,5 fois le lac Léman.

Nous optons pour la visite de l’île d’Amantani. Sur le papier, ça sonnait comme un expérience exotique, une imprégnation culturelle. Comme on a décidé de tout organiser nous-même, pour ne pas être dans les circuits organisés, on n’a été déçus question dépaysement.
Arriver et séjourner jusqu’à l’île d’Amantani sur le lac, n’a pas été de tout repos.
C’est un peu l’aventure dans l’aventure.

D’abord 4h de bateau à n’en plus finir, avec un stop sur les fameuses îles flottantes de roseaux : les uros.

Le peuple Uros avait fui la petite ville du bord du lac, lorsque les incas sont arrivés, puis les Espagnols, en se réfugiant sur des îles flottantes dans la zone de roseaux du lac.

En vrai, une bonne arnaque à touriste.
On est obligé de descendre du bateau pour aller sur une des îles (sans sortie). On nous oblige à visiter une hutte en nous disant qu’ils dorment à cinq dedans et que vraiment, si on pouvait acheter quelque chose, ça leur sauvrait la vie.
J’ai fait mon petit calcul. Il est probable que ce monsieur gagne plus qu’un médecin, les bons mois, en vendant des babioles dans un simili de vie traditionnelle…
(On voulait absolument éviter ça 😤)
Arrivés finalement sur l’île d’Amantani, on doit prendre un taxi-moto pour rejoindre notre habitacion.
J’ai cru mourir 10 fois au moins sur cette moto qui montait à même la coline.

Ici, comme dans la vallée de la Colca, les habitants travaillent la terre en terrasse.

Du matin au soir, le dur labeur de la terre sans outils mécanique est leur quotidien.

Leur condition de vie me semble extrême et pourtant nous sommes toujours accueillis avec le sourire.
Cela m’interroge quand je pense à tous ceux qui râlent en France, toujours à se plaindre, à toujours imaginer qu’on nous spolie, sans même comprendre le privilège de nos conditions de vie.

Nous entamons une randonnée pour aller au ruine du temple de Patchamama. Dans la cosmologie Tiwanaku, pré-inca, la Patchamama était la déesse de la terre-mère. Elle fut ensuite intégrée au panthéon inca comme divinité de la fertilité, de l’agriculture et de la terre.
Bref, nous gravissons péniblement presque 400 m de dénivelé pour arriver au sommet de l’île, à 4 120 m, assez fiers de notre (mini) exploits.


Hélas la météo n’est guère avec nous, et je profite d’un mini rayon de soleil pour prendre quelques clichés du lac et des Andes.

Après l’expérience angoissante de la moto-taxis, nous décidons, le lendemain matin, sans trop de pourparler (assez rare pour ceux qui nous connaissent) de rejoindre le port à pied.
Deux heures de randonnée entre 3800 et 4000 m, qui nous permettent de rencontrer les villageois.

Plusieurs d’ailleurs font un petit bout de chemin avec nous, nous demandent d’où on vient et s’assurent qu’on est sur le bon chemin. (C’est tellement gentil, alors que franchement, on peut difficilement se perdre sur cette petite île).

Et ce matin, la météo est bien plus clémente, ce qui nous permet de voir les sommets enneigées des (hautes) Andes au loin.

On va maintenant redescendre en altitude pour rejoindre Cusco, la capital Inca.


