Alors, évidemment lorsqu’on pense au Cambodge, on pense aux splendides, aux inoubliables, aux incroyables temples d’Angkor, dont le fameux Angkor Vat est le joyaux.
L’histoire d’Angkor n’est pas sans rappeler celle de Bagan en Birmanie, une cité-empire dont il ne reste que les temples de pierre.
Quelques mots d’histoire
Effectivement, Angkor fut à un moment une ville à la tête d’un empire immense qui couvrait le sud de la Birmanie, la Thaïlande, le Cambodge actuel et une partie du Vietnam. A son apogée (autour du 1200), la ville d’Angkor comptait 1 million d’habitants, alors que des villes comme Paris ou Londres ne dépassaient pas 100 000 habitants.
De ce vaste centre politique, social et économique, n’ont traversé les siècles que les édifices religieux, les temples.
A la chute de l’Empire Khmer (dont la première raison est l’épuisement des ressources, notamment l’eau…), la ville fût abandonnée au profit de Phnom Penh puis engloutie par la forêt tropicale et tomba dans l’oubli pour plusieurs siècles. Seul le temple d’Angkor Vat, transformé en temple bouddhiste fut toujours occupé (ce qui explique son état de conservation). Ce furent des français, en 1860, qui découvrir les merveilles de cette citée disparue, enfouie sous une végétation omniprésente, étouffante et destructrice.
À Angkor, il y a eu plusieurs citées construites l’une après l’autre. D’ailleurs, le mot Angkor signifie ville. Donc ce sont des dizaines de temples qui sont disséminés dans la forêt tropicale, et la visite peut prendre entre 1 et 5 jours, selon votre rythme… et votre intérêt.
La cité oubliée
Il y a beaucoup d’endroits où la ville fût abandonnée à la merci de la nature et les images célèbres de ces temples mis en miettes, littéralement dépecés par la végétation ne sont pas une légende, c’est notamment le cas Ta Prohm.





la ville fortifiée d‘Angkor Thom
À Angkor Thom, on pénètre dans la ville fortifiée par des portes monumentales, gardées par des visages impassibles.

A l’intérieur des fortifications, Le temple du Bayon est connu pour ses 216 visages grandioses, sculptés sur 54 tours, à l’effigie du roi qui en ordonna la construction.
L’ensemble, détérioré par la nature et l’érosion, ne ressemble de loin qu’à un amas de pierre et on a du mal à imaginer ce que l’on va découvrir.

Mais arrivé au 3e niveau, c’est la révélation : on découvre la majesté de ces visages énigmatiques au regard scrutateur. Où que l’on soit, ils nous observent avec un sourire narquois autant que nous les regardons.

Ce temple ne peut pas laisser indifférent, on sent l’omniprésence de ce roi à l’égo hypertrophié qui adressait un message très clair à ses adversaires : où que vous soyez, je vous vois.
Les détails
Et au-delà des temples, du gros œuvre, ai-je envie de dire, qui en soit est une splendeur, il faudra s’arrêter aux détails.
Parce que certains temples sont des trésors pour qui sait admirer les bas-reliefs ou s’arrêter devant une statue.
Au milieu de la forêt tropicale on découvre une splendeur et on se demande comment il est possible que cela n’ait pas été pillé par des mercenaires, des envahisseurs (et il y en a eu beaucoup ici !) ou, dans un autre registre, par les conservateurs des musées (dont le musée Guimet à Paris) ou encore un certain futur ministre de la culture français…
Angkor Vat
Le très célèbre temple d’Angkor Vat (qui veut dire le temple-cité).
Lorsque l’on admire Angkor Vat on ressent le même genre d’émotion que lorsqu’on découvre le Taj Mahal : celle de voir quelque chose de si magnifique, comme sorti d’un rêve, qu’on connaît déjà, et on se dit : j’y suis, j’y suis vraiment ! Ce n’est pas une reproduction, ce n’est pas un documentaire sur Arte. Je suis face à Angkor Vat, et c’est encore plus beau que ce que je pensais.
L’équilibre de la symétrie, la légèreté de la dentelle pétrifiée, la puissance indéniable qui s’en dégage, les détails des bas-reliefs, d’une beauté époustouflante, tout me touche dans ce temple.
Mais !
Parce qu’il y a un énorme « mais », ressenti dans tout le site d’Angkor et qui devient insupportable dans le temple-joyau qu’est Angkor Vat : les milliers de touristes et la transformation d’un moment magique en un Disneyland du tourisme cambodgien.
Pour les touristes, au premier rang des crétins finis je nomme : le touriste chinois.
Les cars de millions de chinois en train de se faire prendre en photo gâchent un peu la magie. Leur seule préoccupation semble de faire le maximum de photos, avec eux-mêmes dessus. Ils ne respectent rien et leur comportement vis-à-vis des œuvres est en-dessous de tout (ils ne se gênent pas pour aller là où c’est interdit, toucher les œuvres fragiles où il est indiqué qu’il ne faut pas toucher, et resquiller dans les files d’attente).
Pour le côté Disneyland, ce sont des bars, des boutiques, des vendeurs à la sauvette qui vous haranguent sans cesse à coup de » do you want cold drink, sir ? Do you you want t-shirt ? Do you want something ? Do you want ? Do you want ? Do you want ? Do you want ? » !
Au début on répond poliment « no, thanks » ou en cambodgien « té, ar-koun » mais au bout du 100e, on lâche l’affaire, les oreilles sifflantes.
D’autre part, les archéologues font face à une question sans réponse évidente : restaurer, entretenir ou laisser en l’état ? Et jusqu’où ?
Et les autres…
Celui qui veut découvrir la grâce d’Angkor devra aussi s’éloigner des « stars » incontestées du patrimoine mondial pour découvrir des temples plus méconnus. Et c’est là que seuls, au milieu de la densité de la végétation, on retrouve alors l’incroyable, l’inouï beauté du lieu.














